Les échouages à La Réunion
Lundi 11 Janvier 2010 : Cachalot à la dérive

Lundi 11 janvier dernier, un habitant du sud sauvage, intrigué de voir une masse imposante dériver au large, prévient la radio free dom. L’intrigante nouvelle se répand vite, vers 16h, Globice est alerté dans le cadre du réseau échouage.

Un hélicoptère de la gendarmerie est dépêché sur place. L’étrange masse, qui flotte au large de Saint-Philippe, n’est autre qu’un cadavre d’une espèce de cétacé. Les photos prises par la gendarmerie permettront plus tard d’identifier la macabre découverte : c’est bien un cachalot qui dérive lentement en direction du nord. Une heure après le survol de l’infortuné odontocète, celui-ci est observé entre Le Baril et Petite Vallée, dérivant à environ 500m au large.













Les mauvaises conditions en mer n’ont pas permis d’approcher le cachalot. Ainsi aucune donnée n’a à ce jour pu être collectée.

L’information a été transmise au Centre de Recherche sur les Mammifères Marins de La Rochelle (CRMM), et le réseau échouage reste en alerte, en cas d’échouage véritable de l’animal.
Photographies :
Bruce Cauvin
Mardi 08 Juin 2010 :  Echouage d’un dauphin à la Saline

Ce matin vers 9h un pécheur Patrick Sincere remarque un aileron dans le lagon de la Saline et découvre alors qu'il s'agit d'un dauphin apparemment mort. L'animal est ramené à la côte par un moniteur du Club Nautique de l'Ouest  (CNO) de La Saline et le Réseau Echouage de La Réunion est alerté via la Réserve Naturelle Marine (RNM).
Arrivés sur les lieux Christophe Cadet, Bruce Cauvin et Yannick Clain, trois agents de la RNM, font les premières constatations et dressent une zone de sécurité.












Mireille Emonot vétérinaire du Réseau Echouage ainsi que Violaine Dulau, Laurent Mouysset et Virginie Boucaud de GLOBICE, coordinateur du réseau échouage de La Réunion, arrivent un peu plus tard sur site.

Equipés du "kit échouage" qui a été financé par la DIREN en 2008, contenant le matériel nécessaire aux interventions sur les échouages, les membres GLOBICE procèdent aux mesures et prélèvements nécessaires qui seront envoyés au Réseau National d'Echouage coordonné par le Centre de Recherche sur les Mammifères Marin de La Rochelle.

L'intervention, qui se fait à proximité du CNO et de l'école de Saline, suscite la curiosité de nombreux jeunes qui se répandent en questions diverses. C'est l'occasion de leur expliquer l'anatomie et la biologie du dauphin.












Le dauphin est un Long Bec (Stenella longirostris) adulte mâle, espèce couramment rencontrée de la côte au large de La Réunion en groupes d'une dizaine à plusieurs centaines d'individus.

A l'exception de quelques griffures, certainement dues au passage de l'animal sur la barrière de corail, il ne portait aucune trace d'autre blessure.

D'autre part, l'autopsie réalisée par Mireille Emonot et Bernard Reche, vétérinaires du Réseau Echouage a révélé qu'il y avait de l'eau dans les poumons et que le tube digestif était vide ce qui laisse penser que la cause de la mort n'est pas un accident mais plutôt un affaiblissement progressif du à une maladie ou autre pathologie.

Avec l'échouage de deux jeunes dauphins tâchetés pantropicaux (Stenella attenuata) le 09 février et le 24 avril, il s'agit du troisième échouage de dauphin à La Réunion depuis le début de l'année 2010.
Samedi 06 Février 2010 :  Echouage d’un dauphin au Port

Samedi 6 février dernier, en arpentant le littoral au niveau du Port Est, Mr Hubert Graff, responsable construction du site EDF, a découvert un dauphin échoué. Comme le veut la procédure, le réseau échouage alerté via la Brigade Nature Océan Indien, a été mobilisé. Globice en tant que coordinateur du réseau échouage a organisé la prise en charge l'animal.














Deux membres Globice, Christophe et Yannick, se sont rendus sur place afin d'identifier l'animal et de procéder aux mesures et prélèvements requis. D'après les données récoltées, il s’agit d’une femelle de dauphin tacheté pantropical (Stenella attenuata), d’1m60 de long pour 30 à 40kg.

L’animal échoué depuis 4 à 5 jours présentait un état de décomposition avancé, notamment au niveau des parties en contact avec le sol.
   
En outre, son corps laissait apparaître plusieurs hématomes, marques de brûlures dues au contact avec les galets. L'animal présentait d'autres blessures, d’origine moins naturelle : des morceaux de chair rectilignes et rectangulaires prélevés au niveau du flanc gauche. Un témoin s'étant manifesté suite à l'article paru dans la presse, a indiqué que le dauphin était échoué depuis samedi et que la carcasse était alors intacte. Les "filets" ont donc été prélevés postérieurement à l’échouage. Etant peu probable que ces morceaux de chair aient été prélevés pour servir des besoins alimentaires, ils ont peut-être été utilisés comme appât de pêche.














La raison pour laquelle le dauphin s’est retrouvé échoué sur la plage de galets du Port reste inconnue.
Merci à M. Hubert Graff, pour sa disponibilité et le prêt du matériel photographique qui a permis la réalisation des photos.
Photographies :
Yannick Javegny-Peltier
Jeudi 22 Avril 2010 :  Echouage d’un dauphin à St Gilles

Il était environ 15h le jeudi 22 avril dernier quand le Réseau Echouage fut alerté, un dauphin gisait, étendu sur la plage du Brisant à St Gilles. Arrivée rapidement sur les lieux, une équipe de l’aquarium de la Réunion procède aux premières constatations : le dauphin est vivant, et semble présenter des blessures au niveau du rostre. Il s’agit d’un dauphin tacheté pantropical femelle (Stenella attenuata), vraisemblablement adulte. L’individu recueilli est de bonne taille, avoisinant les 2 mètres.

   Rapidement, l’animal est chargé dans un container afin d’y être examiné et soigné. Malgré les efforts des personnes déployées à ses côtés, le dauphin mourra dès le début du transport.

   Léguant en quelques sortes son corps à la science, le dauphin a fait l’objet de mesures biométriques et de clichés. L’analyse effectuée semble montrer que la blessure au niveau du rostre n’est que superficielle et liée à l’abrasion sur les rochers et le corail.

   Afin d’en apprendre un peu plus sur l’animal, le corps a été conduit au Muséum d’Histoire Naturelle de St Denis par la Brigade Nature de l’Océan Indien. Il y est conservé dans une chambre froide pour une autopsie ultérieure.













   Nous remercions toute l’équipe de l’Aquarium coordonnée par Thierry et Sophie pour leur rapidité d’intervention et leur efficacité. Merci aussi à Jacques de la BNOI pour le transport du dauphin jusqu’à St Denis et enfin merci à Salim et au Muséum d’avoir recueilli le cadavre pour qu’il puisse être exploité dans de bonnes conditions par la suite.