Programme
MIROMEN

Présentation
Carte des trajectoires
Résultats
Communiqué de Presse du 26 juillet 2013

   Du 29 juillet au 16 août prochains sera menée une campagne de pose de balises Argos et de prélèvements cutanés sur les baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) présentes le long des côtes de la Réunion.

Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme de recherche MIROMEN (MIgration ROutes of MEgaptera Novaeangliae), porté par l’association GLOBICE en partenariat avec :

l’ ONG Wildlife Conservation Society (WCS - USA), menant des recherches sur les cétacés à Madagascar depuis 1996. Salvatore Cerchio, chercheur spécialisé dans la conservation des mammifères marins au sein de la WCS, interviendra à titre d’expert sur le comportement des baleines à bosse ;
la Brigade Nature de l’Océan Indien (BNOI – la Réunion), garante du respect des protocoles validés par le Ministère de l’Environnement, fournissant un moyen à la mer et apportant son expertise pour l’approche des animaux et la prise de prélèvements ;
la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA - USA), apportant son expertise pour le choix et la programmation des balises Argos et faisant le lien pour la transmission des données Argos ;
Instituto Aqualie (Brésil) et Webnox (Suède), intervenant pour le déploiement des balises sur les baleines, organismes reconnus pour leur expérience mondiale en la matière ;

L'étude MIROMEN vise au déploiement de balises Argos sur quinze individus adultes, afin de suivre leurs différents mouvements migratoires par satellite ; elle a reçu le soutien financier de la Commission Européenne dans le cadre de l’action préparatoire BEST (Régime volontaire pour la biodiversité et les services écosystémiques dans les territoires des régions ultrapériphériques et les pays et territoires d'outre-mer de l'Union européenne).


Plus spécifiquement, cette étude scientifique permettra :

de mettre à jour les routes encore inconnues utilisées par les animaux ne faisant que transiter par la Réunion vers leur site final de reproduction ou de mise bas quelque part dans l’océan Indien. Il s’agit ainsi d’apporter des informations quant aux échanges entre les différentes régions du Sanctuaire de l'océan Indien ;
de compléter les connaissances sur les secteurs et habitats utilisés à l’échelle de l’île par l'équipement d'individus venus se reproduire ou mettre bas à la Réunion. L’objectif est ici de mieux connaître les déplacements des individus autour de l’île.
de découvrir les routes de migration des baleines à bosse vers leur zone de nourrissage dans les mers australes bordant l’Antarctique.
   La pose des balises s'accompagnera de prélèvements cutanés. L’objectif est ici de récolter des données génétiques en parallèle aux données spatiales, relatives aux déplacements des individus, que procureront les balises. Par la comparaison de ces échantillons génétiques à d’autres échantillons prélevés ailleurs dans l’océan Indien, il sera possible de mieux comprendre de quelle manière les différentes populations de baleines à bosse échangent entre elles.
Ces prélèvements se feront sous la conduite de deux agents de la BNOI. Ils seront réalisés à l'aide d'une arbalète d'une puissance adaptée à la taille de l'animal et à partir d'embouts spécifiquement confectionnés pour ne prendre qu'un petit échantillon de peau. Les biopsies se feront uniquement sur des individus adultes. Seules trois personnes sont autorisées à réaliser ces prélèvements :
M. Philippe MONGIN, directeur de la BNOI, M. Jaques FAYAN, agent technique de la BNOI et Mme Violaine DULAU, cétologue de l’association GLOBICE et responsable scientifique du projet MIROMEN.

Enfin, ces manipulations seront complétées par des photo-identifications des nageoires dorsale et caudale des individus équipés, afin de les identifier individuellement et d'alimenter le catalogue de photo-identification établi par GLOBICE depuis 2001 et qui compte aujourd'hui 574 individus.

Nous attirons votre attention sur le fait que, dans le cadre de ces actions de poses de balises et de prélèvements génétiques, le bateau sera amené à se rapprocher des animaux et donc à ne pas respecter les distances d’approche préconisées par la charte d’approche des baleines. Les techniques d'approche seront néanmoins respectées et tout sera mis en oeuvre pour limiter le stress causé aux animaux.
Campagne scientifique de pose de balises Argos sur les baleines à bosse
   A l’issue de ces manipulations, un rapport détaillé sur le déroulement de l’étude sera rendu à la Commission Européenne ainsi qu’aux services de l’État, la DEAL Réunion.
En attendant la valorisation scientifique des résultats et dans un souci de communication avec le grand public, les mouvements migratoires des baleines équipées seront en ligne sur le site
www.globice.org et sur notre compte facebook (Association Globice Reunion) dès réception des premières données, soit début août. Ces données seront mises en ligne en différé et ne permettront pas une localisation précise des individus marqués.

Pour tout complément d'information concernant le programme scientifique MIROMEN, veuillez contacter :

M. Guillaume COTTAREL

guillaume.cottarel@globice.org ou 06 92 71 12 72
La Brigade Nature Océan Indien en opération Biopsie - © BNOI - Globice
   Les atteintes à cette espèce protégée ont été autorisées dans le cadre de ce projet par le Ministère de l'Environnement. Les retombées de ce programme scientifique multipartenarial seront nombreuses : apport de données sur le cycle biologique de l’espèce ; alimentation des réflexions générales menées par la commission baleinière internationale (CBI) sur la gestion du Sanctuaire de l’océan Indien ; mise en lumière des secteurs qu’il est essentiel de préserver dans l’intérêt de l’espèce, à l’échelle locale et régionale ; comparaison régionale des données similaires obtenues dans les pays voisins, notamment à Madagascar (projet de pose de balises conduit par Cétamada, la WCS et l'Université Paris Sud), etc.

   La pose des balises est un procédé très technique qui requiert l’intervention d'un spécialiste de renommée internationale. C'est pourquoi
M. Ygor GEYER (Webnox et Instituto Aqualie), spécialiste de ce type d’opérations, fera partie de l'équipe de terrain. Il aura la charge d'implanter les balises Argos sur les individus au moyen d'un fusil hypodermique spécialement adapté à cette fin. Les méthodes comme le matériel qui seront utilisés ont été éprouvés par de nombreux programmes similaires à l’échelle de la planète. Le système d’attache pénètre dans le lard épais de l’animal, juste en dessous de la nageoire dorsale, puis la balise émet ensuite sa position, dès que la baleine est en surface. Au bout de quelques semaines ou mois, la baleine finit par "rejeter" l’équipement, comme nous le faisons nous-mêmes des corps étrangers, par exemple des échardes. Il arrive parfois que les balises se détachent prématurément, par exemple au cours de scènes d’accouplement, lorsque les baleines se frottent l'une contre l'autre.
Bilan du 31 juillet 2013

   Aujourd'hui, la première balise Argos a été déployée avec succès par
Ygor Geyer, grâce au travail d'équipe mené avec Philippe Mongin pour les biopsies, Jacques Fayan pour la délicate manoeuvre du bateau, et l'équipe de Globice, Violaine Dulau, Laurent Mouysset et Guillaume Cottarel pour la prise de données et la photo-identification.

Hier soir, après l'arrivée d'Ygor à la Réunion, il a encore fallu préparer l'ensemble des balises, c'est-à-dire les allumer puis les programmer. Elles ont eu la nuit pour "communiquer" avec les satellites et ainsi se localiser avant d'être embarquées pour être déployées sur les baleines à bosse.
Au port de Saint Gilles, ce matin, réunion au sommet de toute l'équipe ; Ygor doit expliquer la manipulation à ses nouveaux collègues de terrain : l'approche des individus, la communication à bord, le rôle de chacun et surtout, les règles de sécurité à respecter. 8h30, l'équipe est prête et peut enfin prendre la mer.

C'est au large de la route du littoral que la première baleine a été équipée d'une balise, vers 11h30. Il aura fallu la suivre de loin pendant une heure afin d'étudier son comportement, garantissant ainsi le succès de l'opération. Puis, le moment venu, Ygor et Jacques se sont mis d'accord pour tenter l'approche et la pose de la balise. Gagné! La balise a été posée avec succès!

La journée a été marquée également par plusieurs rencontres avec les dauphins (grand dauphin, grand dauphin de l’Indo-Pacifique, Longs becs)

Prochain bilan le dimanche 4 août. Les premières transmissions seront en ligne d'ici quelques jours, le temps que les balises fonctionnent pleinement. Vous pourrez suivre le déplacement des baleines marquées sur notre
site internet ou sur notre page facebook.
Miromen, la première baleine "taguée" par l'équipe Globice/BNOI/WCS/Webnox
Dimanche 4 août - bilan de la première semaine de terrain

   Voilà maintenant cinq jours que la phase opérationnelle de terrain a débuté.
Miromen est la première baleine à avoir été marquée, le 31 juillet, au large de la route du littoral. Elle a depuis rejoint l’ouest de l’île et évolue au large de Saint Gilles. Le lendemain, c'est au tour de Babashine d'être équipée, également dans le nord. Elle semble préférer les eaux du nord-est, et vogue actuellement (05/08) dans les environs de Sainte Suzanne. Puis, le 2 août, Electra est marquée en baie de Saint Paul. Elle se situe actuellement au sud de Saint Gilles.

Salvatore Cerchio, chercheur spécialiste du comportement des baleines à bosse au sein de la WCS, a rejoint l’équipe jeudi 1er août. Il apportera pour le reste de la mission son expertise en matière de structure des groupes, de comportement des individus. Cette analyse est en effet primordiale, car il est nécessaire de savoir quel individu est équipé. Femelles et mâles n’adoptent par exemple pas le même comportement migratoire, d’où la nécessité d’avoir un ratio équilibré mâles/femelles.

Les conditions de mer s'étant dégradées à partir du 1er août, il s'est avéré difficile de travailler les samedi 3 et dimanche 4 août. Aucune balise n'a ainsi été posée samedi, Ygor n'ayant pas voulu prendre le risque de perdre une balise et donc, de très nombreuses et précieuses données scientifiques. Frustrant, certes, mais tellement plus prudent!
Dimanche, les conditions étaient à nouveau difficiles mais les baleines étaient au rendez-vous et nous avons réussi à "tagguer" Mimosa, comme on dit dans le jargon. Un grand merci aux opérateurs touristiques et aux plaisanciers qui ont coopéré avec nous et grâce à qui nous avons pu manœuvrer en toute tranquillité.
Déjà quatre balises actives donc. Les premières commencent à émettre des données plus précises, tandis que les dernières se localisent encore. Du fait de la trajectoire des satellites, la couverture est excellente aux Pôles et de plus en plus éparse à mesure qu’on se dirige vers l’équateur ; il est donc normal que cette localisation mette un peu de temps.

Prochain bilan en fin de semaine prochaine et en attendant, n'hésitez pas à consulter régulièrement
la carte des trajectoires.
Dimanche 11 août - bilan de la deuxième semaine de terrain

   Bilan positif pour cette deuxième semaine de terrain, qui malgré une météo marine plutôt défavorable, s’est soldée par l’équipement de six individus, trois mâles et trois femelles.

Didie, "taguée" mardi 6 août, a mis cap au nord avec son baleineau dès le lendemain. Elle est passée au large de Tromelin le 10 août puis a continué sa route, en déviant vers le nord de Madagascar. Didie est ainsi la première baleine équipée à quitter l'île de la Réunion.

Pendant ce temps, Ygor, tagué la semaine dernière, se trouve sur le mont sous-marin de la Pérouse depuis le 7 août.

Jeudi 8 août, la mer n'a pas permis la pose de balises mais l'équipe a rencontré Mimosa, accompagnée de son baleineau et de Babashine, un mâle équipé la semaine dernière.  Cette observation a permis de s'assurer que Mimosa, dont la balise n'émet plus, est toujours équipée. Il peut arriver que les balises cessent d'émettre quelques temps avant de reprendre leur activité.

Le vendredi 9 août a été la journée la plus fructueuse puisque l'équipe a posé trois balises sur trois mâles : Curcuma, Misouk et Tangor.  Dès le lendemain, Misouk a mis cap à l'ouest, direction Madagascar.

Après un vendredi dédié aux mâles, le week-end a été consacré aux femelles. C'est ainsi qu’ont été taguées Karen, le samedi, et Payette, le dimanche.

Il reste à l'équipe cinq jours pour poser les quatre balises restantes. Prochain bilan en fin de semaine prochaine, en guise de conclusion de la mission de terrain. En attendant, n'oubliez pas de suivre régulièrement les baleines sur
la carte des trajectoires !
Dimanche 18 août - bilan de la mission de terrain MIROMEN

   N’ayant plus que 4 balises à poser et une météo clémente étant prévue pour la dernière semaine, l’équipe a tenté d’équiper en priorité des femelles sans baleineau, afin d'atteindre un sex-ratio équilibré entre mâles, femelles seules et femelles accompagnées d'un baleineau. Cette expertise a été apportée tout au long de la mission par Salvatore Cerchio, avec une confirmation a posteriori par la génétique.
Malheureusement, le lundi et le mardi n'ont pas permis la pose de balises, mais les baleines Zébulon et Dany ont été équipées dès le mercredi. Le lendemain, en fin de journée, ce fut au tour de Maïa d'être équipée. Vendredi, lors de la dernière journée de terrain, la dernière balise a été posée sur Pitaya dès 7h45.

La mission de terrain est d'ores et déjà un succès, avec la pose de toutes les balises et des premiers résultats déjà très intéressants. Une réunion de restitution avec les membres de l'association a permis, dès le vendredi soir, de faire le point sur la mission de terrain et de répondre aux nombreuses interrogations des membres.

La mission de terrain est certes terminée mais le projet ne fait en quelque sorte que commencer, avec la transmission quotidienne de très nombreuses données scientifiques.

Une conférence de restitution à l'attention du grand public sera organisée à l’issue de ce projet. En attendant, continuez à suivre la migration des baleines sur
www.globice.org !