Les analyses génétiques
Méthode : les analyses génétiques sont effectuées en laboratoire à partir d’échantillons de peau prélevés par biopsie pour les dauphins, de ramassage de peau desquamée et de biopsie pour les baleines en partenariat avec la Brigade Nature de l’Océan Indien. Les résultats génétiques sont corrélés avec les données issues des études de suivi et de photo-identification décrites ci-dessus.
   L'utilisation de la génétique sur le Grand Dauphin de l’Indo-pacifique (Tursiops aduncus) et le Dauphin long bec (Stenella longirostris) est indispensable pour mieux comprendre la structure et le fonctionnement social des groupes présents à La Réunion, ainsi que pour déterminer le degré d’isolement de populations résidentes ou pour mettre en évidence des échanges au sein de l’Océan Indien. Concernant la Baleine à bosse (Megaptera novaeangliae), espèce migratrice, la comparaison d’échantillons au niveau régional permet de mieux définir les échanges au sein du  stock reproducteur de l’Océan Indien occidental (Stock C défini par la Commission Baleinière Internationale). La détermination génétique du sexe des individus permet également de mieux comprendre la structure des groupes, et d’étudier les variations du temps d’arrivée et de résidence entre males et femelles.
Programmes de recherche

Programmes de GLOBICE
  Inventaire des espèces
  Suivi des dauphins cotiers
  Suivi des baleines à bosse
 
Etude génétique et
  toxicologique
  MIROMEN
  Etude des cachalots


Autres programmes
Résultats 2014
   Lors de l’étude 2010-2013, des partenariats solides ont pu être mis en place à l’échelle régionale et les résultats ont montré notamment un isolement de la population de grand dauphin de l’Indo-Pacifique de La Réunion par rapport aux autres populations du Sud-Ouest de l’Océan Indien.  Cependant, le nombre d’échantillons analysés en provenance de Maurice était trop faible pour dresser une conclusion définitive. Afin de pallier à ce manque, les partenaires  ont notifié leur souhait de poursuivre ce partenariat et de fournir des échantillons supplémentaires (déjà disponibles pour Madagascar, et en cours d’acquisition pour Maurice).

Pour la baleine à bosse, de nombreux échantillons de baleines à bosse de la Réunion collectés en partenariat avec la BNOI et notamment dans le cadre du programme MIROMEN n’avaient pas pu encore être analysés en laboratoire.

Un nouveau projet d’une durée de un an a donc été financé par la DEAL Réunion en 2014 afin de poursuivre les objectifs suivants :

   Pour le grand dauphin de l’Indo-Pacifique :
Concernant le grand dauphin de l’Indo-Pacifique de La Réunion, les résultats montrent notamment :

   • Une diversité génétique nettement inférieure dans les îles Mascareignes (Réunion –Maurice) qu’à Madagascar, plus grande en taille, et qu’à Mayotte, plus proche du continent.  Cette diversité particulièrement faible pourrait être liée à la fois à l’éloignement géographique des îles, et aux caractéristiques démographiques des populations, les populations d'effectif réduit ayant une diversité génétique plus faible. Cette faible diversité génétique pourrait également refléter un « effet fondateur » de ces îles éloignées, colonisées initialement par un petit nombre d’individus pionniers. La faible diversité génétique observée dans les îles Mascareignes a des implications importantes en termes de conservation. En effet, la réduction de la variabilité inter-individuelle rend les populations résidentes potentiellement plus vulnérables aux perturbations anthropiques ou environnementales, en limitant leur capacité d’adaptation aux changements du milieu.

   • Une structuration importante de la population de grand dauphin de l’Indo-Pacifique à l’échelle régionale, et un isolement génétique très marqué de la population de La Réunion par rapport aux îles voisines. Cette structuration est démontrée aussi bien au niveau de l'ADN mitochondrial, uniquement transmis par l'ascendance maternelle, qu’au niveau des microsatellites, d'origine nucléaire, transmis par les 2 parents.  Cette divergence génétique importante indique qu’il n’existe pas de mouvements d’individus significatifs et réguliers entre les îles permettant d’assurer un brassage de gènes entre les populations insulaires. Si des migrations trans-océaniques sont possibles, elles ne sont pas assez fréquentes pour assurer un flux génétique.  En termes de conservation, cet isolement implique que les îles Mascareignes ne pourront bénéficier d’apport d’individus en provenance d’autres îles pour renouveler leurs effectifs, en cas de perturbation démographique majeure.



Concernant la baleine à bosse, l’analyse des échantillons collectés en 2010 et 2011 a permis l’identification génétique des baleines à bosse de La Réunion et de constituer ainsi les premières données disponibles pour les Mascareignes (Sous-stock reproducteur C4 défini par la Commission Baleinière Internationale). Les résultats montrent notamment que les baleines de La Réunion appartiennent à deux groupes distincts. L‘origine de cette différenciation génétique n’a cependant pas pu être définie et ne semble ni liée au sexe, ni à l’année de présence à la Réunion. Ces données pourront, à terme, contribuer à une évaluation régionale de la structure du stock de baleines à bosse de l’Océan Indien Occidental. Des partenariats sont en cours d’élaboration à ce sujet.
   • Augmenter le nombre d’échantillons récoltés à Maurice, en partenariat avec la MMCS

   • Analyser les échantillons supplémentaires provenant de Maurice et Madagascar, afin d’augmenter
     le niveau de pertinence des résultats de l’étude

   • Reconduire les analyses de certains microsatellites qui avaient échouées lors de l’étude
     précédente, du fait de problème techniques en laboratoire.

   • Reconduire l’ensemble des analyses en incluant ces données supplémentaires, afin
      d’établir une comparaison régionale plus robuste et plus pertinente scientifiquement.




   Pour la baleine à bosse :

   • L’extraction de l’ADN des échantillons prélevés sur les baleines à bosse en 2012 et 2013

   • La détermination moléculaire du sexe des individus, ce qui  permettra de mieux interpréter les
     données génétiques et les suivis satellitaires réalisés dans le cadre du programme MIROMEN.

   • Le séquençage de l’ADN mitochondrial pour compléter l’analyse des données 2010-2011.